Cet outil de simulation (très rudimentaire, je vous l'accorde) permet de tester différentes configuration, puis de visualiser "pourquoi" est-il nécessaire de favoriser la préservation de la Bankroll avant de chercher le gain; il s'agit d'un jeu sur la durée. Cela permet aussi de constater que la régularité d'exécution d'une méthode ( n'importe quel jeu ) est nécessaire. Toutes les simulations sont théoriques.
L'objectif ultime est de mettre en lumière la variable "chance", qui est un facteur important, invisible, contextuel incontrôlable, imprévisible et indépendant de la stratégie( qui doit, justement, inclure cette variable "chance" pour survivre ). Notons au passage l'absurdité de chercher à être "le meilleur", tant cette condition est dépendante de la chance et des contextes, même "avec la meilleure méthodes / le meilleur Mindset".
Notons que dans la réalité, les drawdowns sont bien plus fréquent que dans cet outil. L'objectif est de montrer qu'il est possible "perdre" plus de 15 fois de suite et générer plus de R/Capital que d'autres Scénarios. Pour cela, faut-il encore parvenir à survivre et rejouer après 15 pertes à suivres.
Séquences brutes · R par bet
Répartitions des R par Scénario Clef
Série - max = plus longue suite de clôtures négatives consécutives.
Trajectoires Monte Carlo · R cumulé
Les "Scénarios/événements" représentent des trajectoires possibles d'une stratégie. Les Quartiles délimitent l'espace "réaliste" d'évolution, non une prédiction. Un de objectif est de mettre en avant différents contextes "sous-jacents" pouvant impacter une série de résultats. Les séries de pertes sont naturelles, y comprit dans un jeu à espérence positive. La "loi des grands nombres" converge vers une moyenne, mais elle nécessite du temps et une régularité d'exécution exemplaire pour se manifester. Un système interrompu prématurément ou "arbitrairement/mal exécuté" produira un échantillon biaisés pour être interprété; concernant le nombre, un minimum 200 échantillons semble "correcte".
━ Quartile 75 ━ Quartile 50 (médiane) ━ Quartile 25 · ╌ meilleur ╌ pire · chaque trait fin = un scénario · R cumulé brut théorique
Le "Risque par bet" est le paramètre le plus critique, bien plus que le basique "WinRate". Une Bankroll ayant perdu 50% nécessite +100% pour revenir au niveau initial. Une perte de 80% nécessite +400%. Cette asymétrie rend le "Sur-Sizing" structurellement fatal, indépendamment de la qualité de la stratégie appliquée.
Le "R" normalise les résultats indépendamment du capital en unité. Ici, il est déterminé par un % fixe de capital. Pour une Bankroll de 5000$ avec un risque par position de 1%, soit 50$, 1R = 50$. La forme des trajectoires ne change pas avec la taille de la mise; 1% reste 1%, que la Banqueroll soit de 10k ou 100k. De plus, cela permet de se supprimer le concept "d'argent" et de "gains d'argent", ce qui transforme totalement le "jeu" et permet une préhension de la Gestion de Bankroll plus simple.
Un "WinRate" inférieur à 50% est compatible avec la rentabilité. Le "Winrate" se calcule ainsi: (nombre de trades gagnants ÷ nombre total de trades). "L'Expected Value (EV)" = le R moyen par événement. Il s'écrit : "EV = (Winrate × R target) − (1 − Winrate) × R risque". Son usage est cependant limité : elle est calculée sur un historique passé, dans des conditions qui ne se répètent pas à l'identique, car chaque évènement est réellement unique ( mais peuvent se ressembler ). Un R moyen positif ne prédit rien: il est une condition nécessaire, non suffisante. Son utilité réelle est d'éliminer les systèmes structurellement négatifs : un R moyen négatif est un signal clair de Banqueroute à venir.
Ce qui génère la "performance" dans un système à R moyen positif, ce sont les "fat tails" : les événements à +5R, +10R voir +20R, rares, imprévisibles et impossibles à estimer précisément sur un échantillon. Un Winrate de 30% avec quelques événements exceptionnels compense structurellement une longue série de petites pertes. Laisser courir les gains et couper les pertes est une nécessité mathématique, non une option. Aussi, nous remarquons que l'application systématique de la stratégie est une nécessité afin d'éviter de laisser passer un R anormalement élévé. Il convient ici de signaler que la simulation ci-dessus procède à des clôtures de R:R mécaniques et ne laisse pas courir les gains.
Le "Drawdown(DD) maximum" est la somme maximale de R négatifs commulés. C'est cette variable qui constitue le risque réel: la capacité à tenir une succession de perte sans être contraint d'arrêter avant que des espérences positives ne se réalisent ( loi des grands nombres ). Survivre au drawdown est la condition nécessaire à tout le reste. De plus, pour les débutants, survivre au Drawdown permet de tester des stratégies et de les éprouver à la réalité.
Pour "vivre de ce type de "jeu"", il faut réunir plusieurs conditions simultanées rares: un capital de départ suffisant, avoir survécu au jeu durant les phases de découvertes, observations, tests et recherche, la chance d'appartenir aux scénarios favorables, déterminer un avantage stratégique sur le jeu. :
Désormais, nous comprenons que la question n'est plus "comment générer des gains", mais "comment survivre aux scénarios défavorables assez longtemps pour que les scénarios favorables se produisent". Les réponses varient selon le contexte, mais la logique est identique.
Les "fonds quantitatifs(algorithmiques)" semble gérer cela via la dispersion par le volume : des milliers(millions?) de trades par jour, répartis sur de nombreux instruments et stratégies décorrélées. Chaque trade individuel est statistiquement insignifiant. La loi des grands nombres converge à l'échelle de la firme, pas à l'échelle d'un trade. Leur gestion du risque est mécanique et non négociable : si une stratégie dépasse un seuil de drawdown prédéfini, elle est coupée automatiquement.
Les "firmes discrétionnaires(non algorithmiques)" semblent gérer la dispersion par la diversification des opérateurs. Admetons, un service de vingt opérateurs de marchés avec la même stratégie qui produisent une distribution de résultats: certains scénarios sont favorables, d'autres non. La firme extrait la moyenne de l'ensemble. Elle protège le capital global par des règles strictes de stop-out: un opérateur qui dépasse son drawdown maximum autorisé est suspendu ou son allocation réduite. C'est la mécanique qui empêche les scénarios les plus défavorables de détruire la firme. Notons que les meilleurs traders individuels d'une firme sont ceux qui savent perdre peu dans les mauvais scénarios, pas ceux qui gagnent le plus dans les bons.
Les particuliers n'ont aucun de ces avantages structurels. Pas de diversification sur un portefeuille de traders/opérateurs, pas de volume suffisant pour que la loi des grands nombres converge rapidement, pas de règles institutionnelles qui les forcent à couper les pertes, pas de moyen de passer des milliers d'ordres par jours à fees réduites. Ce qui permet à un particulier de tenir dans la durée est invariablement l'une de ces trois conditions: un capital de départ suffisant pour absorber plusieurs années défavorables sans pression de survie, un revenu externe qui finance le temps nécessaire à la convergence ou un fat tail favorable très tôt, qui crée un coussin avant que les mauvais scénarios n'arrivent. Tout en sachant que le particulier est "seul" et doit se "débrouiller" pour "trouver les règles du jeu". Dans les trois cas, la variable déterminante n'est pas la qualité de la stratégie. C'est la capacité à rester en jeu dans le temps.
La gestion du drawdown prime sur la maximisation du gain. Définir à l'avance le drawdown maximum acceptable : et s'y tenir mécaniquement est la seule variable entièrement sous contrôle. Le reste appartient à la distribution des probabilités.
La question qui reste ouverte et qui déborde largement le cadre de cet outil : pourquoi les particuliers investissent-ils, construisent-ils des systèmes, cherchent-ils un "edge" dans un environnement incertain ? Non pas dans le "comment", ni dans le "quoi", mais dans le "pourquoi". Est-ce le simple désir d'argent ? Est-ce une réponse à une peur ? Une nécessité de survie ? Une imitation sociale ? Une compétition sociale ? Un besoin de contrôle sur l'avenir ? Une réponse comportementale émergente dans un environnement capitaliste ? Nous pouvons imaginer que la réponse varie en fonction des individus, des contextes, des cultures et des époques. Pour certains "joueurs", le gain monétaire ne semble pas être le moteur principal du comportement, ni de la motivation. Il semblerait que ce soit: l'anticipation d'un gain pour certains? la construction d'une méthode et la voir fonctionnelle ( contrôle / planification / ingénierie )? la résolution d'un problème/puzzle complexe? se savoir en compétition avec des individus fortement intelligents et tenter de rivaliser? trouver de quoi manger? Quoi que ce soit, si cela perdure, alors cela est semble nécessairement lié à autre chose que "l'argent" seule. Pourquoi continuer de "jouer" jour après jour, si cela n'ai plus une nécessité financière ? La récompense, indépendante du résultat financier, ressemblerait davantage à Plaisir ( ou une tentative de contrôler quelque chose par exemple...). En ce sens, le vrai gain d'une stratégie rigoureuse semble être moins dans les R/sommes accumulés que dans le processus cognitif lui-même qui se joue. Ce que je veux montrer avec cet outil rudimentaire, c'est que si la décision d'investir repose sur le désir de s'enrichir, alors cela n'est probablement ni accessible, ni viable pour la majorité des individus : cela demande une capacité de cognition abstraite hors moyenne, une approche naturelle des "choses" en Système, une Bankroll conséquente, une passion dévorante pour "le jeu", beaucoup de temps...Nous remarquons que la majorité des variables nécessaires sont des fonctions de l'individu, son tempéremment, ses possibilités, ses limites. Alors que faire ? Accepter la chance et affirmer sa passion du jeu, même avec des résultats médiocre. Il en va de même pour toutes les passions...
Pour terminer, nous observons clairement que les "Idoles" de ce monde, sont des individus répondant à l'opération : (prédispositions individuelles x prédispositions contextuelles/environnementale x chance); les simulations montent que les routes culminantes sont uniques, et éloignés du "réalisable par la majorité", même avec la meilleure volonté du monde... Acceptons nos situations, essayons de viser "le mieux" et cessons de "forcer" l'apparition de scénarios irréalistes; acceptons à reconnaitre le "réaliste" de "l'irréaliste".